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Qui est le Dr Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix 2018 ?

Le 5 octobre 2018, le Dr Denis Mukwege s’est vu décerner le Prix nobel de la Paix pour son combat contre l’utilisation des violences sexuelles comme une arme de guerre durant les conflits.
Aujourd’hui, Susu vous fait découvrir l’homme derrière le prix Nobel, ses batailles, son histoire, son parcours hors du commun.

1. Une voix s'élève

Le Dr Mukwege est né le 1er mars 1955, dans la ville de Bukavu située sur la rive sud-ouest du lac Kivu (Congo belge). Après avoir fait ses classes à la faculté de médecine du Burundi où il obtient son diplôme en 1983, il commence à exercer à l’hôpital de Lemera, puis se spécialise en gynécologie à l’université d’Angers.En examinant de près son parcours qui est loin d’avoir été un long fleuve tranquille, on aperçoit le fil rouge qui semble avoir guidé ses choix au long des années : aujourd’hui comme hier, le Dr Mukwege est animé par le désir de venir en aide aux plus vulnérables dans sa région d’origine.C’est cette urgence qui le poussera à créer l’association France-Kivu, quelques années avant de devenir Docteur en Sciences médicales à l’université libre de Bruxelles le 24 septembre 2015.C’est également sa compassion pour les victimes de mutilations génitales qui l’amène à fonder l’hôpital de Panzi à Bukavu en 1999, lorsqu’il revient dans son pays après avoir fui pendant quelque temps la 1ère guerre survenue en 1996 et qui causera la destruction de l’hôpital de Lemera dont il est à l’époque le Directeur.

2. Une bataille menée sur plusieurs fronts

Après avoir survécu à six tentatives d’assassinat, le médecin congolais est plus que jamais déterminé à dénoncer les crimes parfois et les violences sexuelles perpétrées dans son pays, et l’impunité dont bénéficient les auteurs de telles atrocités. Bien plus que d’être la voix de victimes souvent réduites au silence par la honte et l’horreur de ce qu’elles ont subi, “l’homme qui répare les femmes” a décidé d’agir.

À l’hôpital de Panzi, au chevet des victimes

 

Dans cet établissement qui a déjà accueilli plus de 40.000 victimes y compris des enfants, les conséquences dévastatrices des viols collectifs et autres crimes d’une violence extrême perpétrés dans cette région sont une réalité quotidienne.

Photo Credit: Endre Vestvik

Alimentées par les intérêts financiers de ceux à qui elles profitent, l’instabilité et l’insécurité favorables à l’exploitation sauvage des ressources minières s’éternisent, comme dans d’autres pays africains convoités pour la richesse de leurs terres.

Au Soudan comme en RCA, au Kenya, en Côte d’Ivoire, au Mali, ou encore en Égypte, les crimes sexuels sont bel bien utilisés comme une arme de guerre, comme soulignait un article du journal Jeune Afrique paru le 07 mars 2018.
Sous l’œil impuissant et indifférent des autorités locales dépassées par l’ampleur du fléau, la liste des victimes s’allonge et seulement une partie bénéficient des soins médicaux dispensés à l’hôpital de Panzi

Le prix socio économique de ces crimes est énorme. Les victimes sont dépouillées de leur identité, des communautés disloquées et des villages entiers sont désertés par les populations qui s’enfuient dans l’espoir de reconstruire leur vie ailleurs, où personne ne connaît leur histoire, loin de la peur, du rejet et de la honte.
Bien plus que les soins médicaux qui restaurent leur santé physique, les victimes ont également besoin de l’accompagnement psychologique dispensés par les médecins de l’hôpital de Panzi.

 

Sur le chemin de la restauration

 

Les victimes peuvent bénéficier gratuitement des services d’une équipe juridique composée de 6 avocats disponibles pour aider celles qui souhaitent entamer une procédure judiciaire. Pourtant, seulement 300 femmes sur les 3000 accueillies annuellement par l’hôpital de Panzi font ce choix.
Conscient de l’importance pour les victimes de pouvoir reprendre ou commencer une activité qui leur permettra de subvenir à leur besoin, l’hôpital met également l’accent sur la réinsertion socio économique des victimes au travers de l’apprentissage d’un métier ou de la reprise des études.

Dans les campagnes de sensibilisation

 

Qu’il s’agisse de sa page Facebook ou du discours prononcé lors de la remise du Prix Nobel, le Dr Mukwege utilise les tribunes à sa disposition pour sensibiliser autant la Communauté internationale que les populations locales.
Il milite non seulement pour que les auteurs des crimes fassent l’objet de poursuites judiciaires, mais aussi pour que les victimes ne soient plus rejetées et stigmatisées par leur communauté, comme c’est le cas par exemple des enfants nés à la suite de viols.

Outre les retombées médiatiques de l’attribution du Prix Nobel de la Paix, le Dr Denis Mukwege peut également compter sur un autre canal, plus ludique celui, pour porter son message en faveur des droits des Femmes.
En effet, son expérience a inspiré la création d’une bande dessinée nommée Kivu, réalisée en collaboration avec le scénariste Jean Van Hamme et le dessinateur François Simon.

 

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